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Textes de référence - TCC

Le traumatisme cranio-cérébral (TCC) la dimension physique et cognitive

À la suite d'un TCC, ce sont surtout les incapacités sur le plan physique qui sont les plus apparentes. Elles se manifestent principalement par des atteintes motrices, des pertes sensorielles ou d'autres problèmes connexes.

Les atteintes connexes

Les atteintes motrices sont particulièrement évidentes dans les moments qui suivent l'accident. Elles touchent environ 50% des personnes dont le traumatisme est modéré ou grave. Par la suite, la récupération est souvent satisfaisante et les difficultés motrices se résorbent petit à petit. Il est possible cependant, dans les cas plus graves, que certaines séquelles soient permanentes. La victime doit donc s'adapter et, au besoin, utiliser une forme d'aide technique (orthèse, cadre de marche…) pour compenser la fonction atteinte ou perdue.

Lorsque la partie du cerveau qui commande le mouvement est lésée, on peut observer une paralysie plus ou moins marquée des membres. Si c'est le côté gauche du cerveau qui a été lésé, les membres du côté droit seront paralysés. Ce sera le contraire si le cerveau est blessé du côté droit. Quand ce genre de paralysie unilatérale est complète, on parle alors d'une " hémiplégie ". Quand le degré de paralysie est moins important, il est plutôt question d'une paralysie partielle ou d'une " hémiparésie ".

Évidemment, ce type de paralysie peut causer des difficultés dans les déplacements, entraîner une certaine forme de boiterie ou de problèmes à gravir les escaliers ou, encore, compliquer l'utilisation des membres supérieurs pour les activités quotidiennes, que ce soit à la maison ou au travail. On peut facilement s'imaginer les problèmes d'une personne droitière qui, à la suite d'un accident, se trouve dans l'impossibilité d'utiliser normalement sa main dominante. Les atteintes motrices peuvent également entraîner une perte de l'équilibre, rendant la marche difficile et les sorties à l'extérieur risquées.

D'autres problèmes moteurs d'origine sous-corticale peuvent provoquer de la spasticité, des mouvements involontaires, de l'incoordination ou une lenteur dans les gestes. La personne atteinte manquera alors de précision et accomplira avec lenteur et difficulté des gestes qui lui étaient faciles antérieurement (préparer un repas, se laver…)

Les atteintes motrices peuvent aussi se situer au niveau du langage. Ainsi, quelque temps après leur accident, certaines personnes victimes d'un TCC éprouve des difficultés à s'exprimer verbalement. Elles cherchent parfois leurs mots et elles ont une voix que l'entourage trouve différente. Dans les cas les plus graves, la personne est plus difficile à comprendre (difficulté d'articulation), ce qui augmente sa frustration et embarrasse les membres de son entourage. Elle pourra également éprouver des difficultés à s'alimenter (dysphagie).

La dimension cognitive

La principale différence entre un TCC et les autres types de blessures causées par les accidents de la route est le fait que, en plus de la dimension physique, la dimension cognitive ou intellectuelle est aussi atteinte. En effet, les personnes qui ont subit un TCC ont très souvent des problèmes d'attention, de concentration ou encore des problèmes de mémoire et des difficultés à résoudre les problèmes de la vie courante.

Les problèmes d'attention et de concentration empêchent fréquemment la personne de bien diriger et maintenir ses efforts à l'égard d'une tâche définie. Elle passe d'une choses à une autre, sans pouvoir éliminer les distractions ou les stimuli non liés à son travail. Un manque d'attention sélective ou l'incapacité de se concentrer suffisamment longtemps sur une tâche peut nuire aux études ou au retour au travail. Dans ces conditions, il est malaisé d'assimiler de nouvelles connaissances.

En plus des problèmes d'attention et de concentration, les personnes qui ont subit un TCC présentent souvent des troubles de la mémoire et des difficultés d'apprentissage. Elles ont de la difficulté à fixer l'information, à la traiter et à la réutiliser. La mémoire à court terme ou à long terme fait généralement défaut. Ces troubles de la mémoire et ces difficultés d'apprentissages peuvent présenter des degrés de gravité divers et s'échelonner sur une période de temps relativement longue.

Quand la dimension cognitive est atteinte chez une victime d'un TCC, on constate plus que fréquemment chez elle des troubles de la pensée ou des difficultés d'abstraction, qui peuvent entraîner des lacunes sur le plan de l'organisation de l'information. Il lui devient alors difficile d'effectuer toute opération mentale qui consiste à combiner deux ou plusieurs données, comme l'exige le jugement, la pensée mathématique, la planification d'activités… ces troubles de la pensée rendent très souvent le retour à l'école ou au travail fort pénible.

Parfois, malgré la persévérance des fonctions motrices, la personne est incapable d'exécuter certaines tâches : on parle alors d' " apraxie ". Dans ce cas, il lui devient impossible de s'habiller, de préparer un repas…

Outre les troubles de motricité de la parole, on peut observer, chez les victimes d'un TCC, des troubles des fonctions expressives ou des difficultés à communiquer l'information reçue et traitée. Ces difficultés des fonctions expressives se manifestent au moment de parler (aphasie), de lire, d'écrire, de compter, de dessiner… C'est un peu comme si le sens des mots et des symboles était altéré ou perdu et que la personne avait de la difficulté à les employer convenablement.

De plus en plus, on se rend compte que plusieurs victimes d'un TCC ont des difficultés à savoir comment s'y prendre pour exécuter certaines tâches. Ce phénomène survient principalement lorsqu'il y a eu atteinte à la partie frontale du cerveau. On remarque alors une passivité, une lenteur dans le rendement, de la rigidité ou de la persévération dans l'action. L'individu a de la difficulté à entreprendre une action donnée et, une fois qu'il a commencé, on dirait qu'il ne peut plus s'arrêter seul.

On note également, dans ces cas, une capacité d'initiative diminuée et des agissements par essais et erreurs. L'action cesse d'être planifiée et organisée de manière appropriée. Ces personnes présentent ce que l'on appelle une " attitude concrète ", c'est-à-dire qu'elles ne donnent de l'importance qu'à la situation présente où elles se trouvent. N'a d'intérêt pour elles que ce qu'elles sont en train de faire ou le besoin qu'elles ressentent sur-le-champ. Il devient très difficile de les faire " décrocher " de la situation concrète ou des besoins ressentis à un moment donné. Il leur faut tout de suite obtenir ce qu'elles veulent sans tenir compte de la situation globale dans laquelle elles se trouvent.

Voilà autant de raisons qui font que, dans la vie de tous les jours, on peut trouver que les personnes atteintes d'un TCC ont de la difficulté à s'adapter à des situations nouvelles, ont une faible capacité de jugement et se comportent de façon infantile ou inadaptée.

Dans le prochain numéro, il sera question de la dimension affective, la dimension familiale, la dimension sociale et finalement la dimension scolaire et professionnelle.

SOURCE : LE TRAUMATISME CRANIO-CÉRÉBRAL BROCHURE À L'INTENTION DES FAMILLES ET DES PERSONNES ATTEINTES. (PAGES : 16-17-18-19)